Aymeline a joué le jeu, et j'en profite pour la remercier d'être à la fois une fidèle "lectrice" de mes blogs, une fidèle qui commente, et une fidèle pour les ateliers. Voilà ! Merci !
Finit les mercis, allez lire son texte ici. J'ajouterais d'autres liens, s'il y en a, dans la journée et la semaine (Syl a dit mardi ! Et a tenu parole, vous pouvez lire sa superbe lettre ici.
Dans quinze jours, si vous voulez toujours jouer, il s'agira de s'imaginer animal. Que vous vous mettiez dans la peau d'un lapin, qui court dans les herbes hautes, ou d'un hibou qui se réveille au soleil couchant, soyez créatifs !
J'ai concocté un petit logo, pas forcément super réussi, mais je n'avais pas les logiciels adéquats, j'ai fait avec les moyens du bord.
Place au texte maintenant.
"Plus tard, je serais peintre.
C’était les mots qu’Etienne, rangeant les affaires de sa défunte mère, avait trouvé gravés sur un plumier en bois. Contemplant comme s’il le voyait pour la première fois, le tableau qui trônait dans le bureau de cette femme qu’il avait si mal connu, il fut pour la première fois saisi par la ressemblance de l’enfant, peinte avec brio, avec sa petite Claire. Son vif-argent, si gaie, si rapide à rire de rien, qu’on disait ressembler à sa grand-mère paternelle.
Se pouvait-il que sa mère ait été un jour aussi souriante que Claire ? Lui qui n’avait connu qu’une femme à la mine fermée, les yeux plongés dans le vide, griffonnant sans cesse des choses qu’elle ne laissait voir à quiconque.
Il ouvrit le secrétaire, et son regard s’attarda sur une dizaine de petits carnets, soigneusement liés par un ruban.
Même s’il avait l’impression de violer un jardin secret, de pénétrer dans une forteresse interdite, il défit lentement le ruban, et ouvrit l’un d’entre eux. A la mine de plomb, de gracieux profils, des expressions, des instants étaient saisis en quelques traits et ombres judicieusement placées.
Alors c’était ça. Son secret. Il reposa doucement cette preuve d’une mère qu’il ne connaissait pas, et s’assit.
Aujourd’hui, seulement, il comprenait les derniers mots sibyllins qu’avait prononcé la vieille dame.
« Tu la laisseras vivre sa vie comme elle l’entend, promets le moi. » Avait-elle chuchoté, de sa voix si fluette, si transformée par la maladie.
Elle avait été si différente avec Claire. Si proche, si tendre.
En retrouvant sa fille quelques instants plus tard, et en l’observant dessiner avec application, il sourit.
Oui, il la laisserait être peintre, philosophe, ou aventurière, si elle le voulait. Tant qu’elle ne s’en allait pas trop loin, bien sûr… "








